Réponse rapide
L'oreiller est un réservoir d'allergènes collé au visage toute la nuit. Un oreiller synthétique ne protège pas à lui seul : dans une étude, les oreillers synthétiques contenaient environ 7 fois plus d'allergènes d'acariens que les oreillers en plumes, et la toile de certains laissait passer les acariens en 24 heures. Ce qui protège, c'est une housse intégrale à fermeture, dans un tissu très serré, à la taille exacte de l'oreiller, et lavable.
Pas encore testé
Nono n'a pas encore de housse sur son oreiller. C'est notre prochain achat. Cet article, c'est ce que j'ai appris avant de choisir. Je le compléterai avec notre test.
Le matelas de Nono est déjà enfermé dans une housse intégrale. L'oreiller, pas encore. C'est pourtant l'objet le plus proche de son nez et de sa bouche, toute la nuit.
Chez nous, l'oreiller de Nono fait 50 × 70, il est plat et synthétique. Parfois, il en prend deux, parce qu'il aime avoir la tête surélevée. Sa sœur, qui dort dans la même chambre, a exactement la même literie, avec un seul oreiller. On fait pareil pour les deux : c'est plus simple, et il n'y a pas de jaloux.
Pourquoi l'oreiller compte autant
Une étude a mesuré les allergènes d'acariens dans la literie de 34 foyers : 81 oreillers, 65 couettes et 65 matelas. Le matelas était le plus chargé, avec en moyenne 53,8 µg d'allergène par gramme de poussière. Mais l'oreiller n'était pas loin derrière, avec 13,4 µg par gramme[1].
Et contrairement au matelas, l'oreiller est collé au visage. Protéger le matelas sans protéger l'oreiller, c'est laisser une partie du problème sous la tête de l'enfant.
L'agence américaine de l'environnement recommande d'ailleurs des housses anti-poussière sur les oreillers comme sur les matelas[5].
Synthétique ne veut pas dire protégé
On conseille souvent les oreillers synthétiques aux allergiques. Les études sont plus nuancées, et une partie d'entre elles dit même l'inverse.
Dans l'étude néo-zélandaise, les oreillers synthétiques contenaient environ 7 fois plus d'allergènes d'acariens que les oreillers en plumes. Les auteurs concluaient que conseiller une literie synthétique aux personnes allergiques aux acariens n'empêchait pas l'exposition[1].
Une autre équipe a cherché pourquoi. Elle a posé 20 acariens vivants sur différentes toiles d'oreiller. En 24 heures, les 20 avaient traversé la toile d'un oreiller synthétique classique. Aucun n'avait traversé la toile d'un oreiller en plumes, ni celle d'un oreiller synthétique plus récent. Pour la poussière, la toile synthétique classique en laissait passer 0,88 %, contre 0,07 % pour les deux autres, et 0,02 % pour une housse anti-acariens du commerce[2].
Enfin, une étude française n'a trouvé aucune différence d'allergènes entre oreillers synthétiques et en plumes[3].
À retenir
Le garnissage de l'oreiller ne suffit pas à protéger. Ce qui fait la différence, c'est ce qui l'enferme : une housse anti-acariens au tissu très serré.
Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter
- Une vraie housse intégrale, fermée par une fermeture éclair, pas une simple taie « anti-acariens ».
- Un tissu à pores très fins. En laboratoire, les tissus aux pores de moins de 10 microns bloquaient les allergènes d'acariens sous le seuil de détection[4]. Si la fiche produit ne donne aucune information sur le tissu, méfiance.
- La taille exacte. Pour nous, 50 × 70. Un oreiller plat flotte dans une housse prévue pour un oreiller épais, et une housse trop petite finit par craquer à la fermeture.
- Le lavage. Une housse qu'on ne peut pas laver finit par accumuler la poussière à son tour. Vérifiez la température supportée.
- Le bruit. Un tissu qui froisse, juste sous l'oreille, peut gêner le sommeil.
- La chaleur. Notre housse de matelas est parfois plus chaude en été. Sous le visage, c'est encore plus sensible. Certains tissus très serrés ou non tissés bloquent les allergènes tout en laissant passer l'air[4] : c'est ce qu'il faut chercher.
Combien de housses chez nous
Le calcul est simple : une housse par oreiller réellement utilisé. Nono dort parfois avec deux oreillers, donc deux housses. Sa sœur a la même literie, donc une de plus. Ça ferait trois housses 50 × 70.
C'est aussi une question de cohérence. Les deux enfants dorment dans la même chambre, sans porte. Protéger le lit de l'un et pas celui de l'autre laisserait un réservoir d'allergènes à quelques mètres de Nono.
Et la couette ?
La même étude néo-zélandaise a mesuré les couettes. Elles contenaient en moyenne 29,4 µg d'allergène par gramme de poussière, plus que les oreillers. Et les couettes synthétiques en contenaient environ 15 fois plus que les couettes en plumes[1]. Les chercheurs ont aussi constaté que la présence d'un sous-drap ou d'une sous-couche faisait monter les niveaux dans les oreillers et les couettes.
La couette de Nono est synthétique, et on la lave à la maison. Le message est le même que pour l'oreiller : le garnissage synthétique ne protège pas à lui seul. Il faut la laver régulièrement, à la température de l'étiquette, et la sécher jusqu'au cœur.
Ce que ces études ne disent pas
Je préfère être clair sur les limites. Les études sur les oreillers mesurent des allergènes dans la poussière, pas les symptômes des enfants. Aucune ne prouve qu'une housse d'oreiller seule fait mieux respirer un enfant.
L'essai le plus encourageant chez l'enfant asthmatique porte sur des housses de literie anti-acariens dans leur ensemble. Je le détaille dans mon article sur la housse intégrale. La housse d'oreiller fait partie de ce tout, avec la housse du matelas, le lavage et l'humidité. C'est cet ensemble qui compte, pas un objet isolé.
La housse ne remplace pas la taie
La housse anti-acariens se met sous la taie, et on n'y touche pas souvent. La taie, elle, continue de passer à la machine chaque semaine, à 60 °C quand le tissu le permet. À partir de 55 °C, tous les acariens meurent au lavage[6]. Chez nous, les taies suivent le même rythme que les draps : au moins une fois par semaine. Je détaille pourquoi dans mon article sur le lavage à 60 °C.
Pour la différence entre une vraie housse et un simple protège-matelas, lisez ce que j'ai appris en passant de l'un à l'autre. Et pour le reste des gestes dans la chambre, voici le protocole complet.
Questions fréquentes
Faut-il remplacer un oreiller synthétique par un oreiller en plumes ?
Les études se contredisent. Certaines ont trouvé plus d'allergènes dans les oreillers synthétiques, une étude française n'a trouvé aucune différence. Le plus sûr reste d'enfermer l'oreiller dans une housse anti-acariens, quel que soit son garnissage.
Une taie d'oreiller suffit-elle ?
Non. Une taie se lave, et c'est très bien, mais son tissu n'est pas conçu pour bloquer les allergènes. La housse anti-acariens se met sous la taie et enferme l'oreiller. La taie, elle, continue d'être lavée chaque semaine.
Combien de housses prévoir ?
Une par oreiller réellement utilisé. Chez nous, ça fait trois : deux pour Nono, qui dort parfois avec deux oreillers, et une pour sa sœur, qui a la même literie que lui.
Sources
- Mills S et al. House dust mite allergen levels in individual bedding components in New Zealand. N Z Med J, 2002 (PMID 12033480)
- Siebers R et al. Permeability of synthetic and feather pillows to live house dust mites and house dust. Clin Exp Allergy, 2004 (PMID 15196275)
- Purohit A et al. Evaluation of group 1 mite allergen levels in synthetic and feather pillows: absence of difference. Ann Allergy Asthma Immunol, 2005 (PMID 15765751)
- Vaughan JW et al. Evaluation of materials used for bedding encasement: effect of pore size. J Allergy Clin Immunol, 1999 (PMID 9949312)
- EPA, Asthma triggers: gain control (acariens)
- McDonald LG, Tovey E. Water temperature and laundry procedures. J Allergy Clin Immunol, 1992 (PMID 1401643)
