Réponse rapide

Aspirer le matelas retire vraiment les allergènes : dans une étude, une aspiration quotidienne pendant 8 semaines les a fait baisser de 85 %. Mais aspirer remet aussi des allergènes dans l'air, qui retombent en 15 minutes environ. Il faut donc un bon filtre, aspirer quand l'enfant n'est pas dans la pièce, et vider le bac dehors. La lampe UV des aspirateurs « anti-acariens », elle, n'a pas été testée en conditions réelles.

Chez nous, on a un aspirateur balai sans fil depuis environ trois ans. On le passe au sol, évidemment, et parfois sur le matelas de Nono, par-dessus sa housse. Et quand on vide le bac, c'est ma femme ou moi, il en ressort beaucoup de poussière.

Je n'ai jamais eu d'aspirateur « anti-acariens » avec lampe UV. Avant d'en acheter un, j'ai voulu savoir ce qui compte vraiment dans un aspirateur quand on a un enfant allergique. La réponse tient en trois mots : aspiration, filtre, et manière de s'en servir.

Aspirer retire vraiment les allergènes

Une étude a demandé à 20 volontaires d'aspirer leur matelas tous les jours pendant 8 semaines. Les allergènes d'acariens y sont passés en moyenne de 4,07 à 0,42 µg, soit une baisse d'environ 85 %[1]. Les endotoxines bactériennes et certains composants de moisissures ont aussi nettement baissé.

C'est un des gestes les mieux mesurés contre les allergènes du lit. Il ne tue pas les acariens enfouis au cœur du matelas, mais il retire ce qui se trouve en surface : déjections, débris, poussière, squames.

Le revers : aspirer remet de la poussière dans l'air

Les allergènes d'acariens sont portés par des particules assez lourdes, d'environ 20 microns. Ils ne s'envolent que quand on les dérange, et ils retombent vite, en 15 minutes environ[2].

Or passer l'aspirateur, c'est justement déranger la poussière. Une équipe de Strasbourg a comparé cinq aspirateurs dans un appartement : tous augmentaient la quantité d'allergènes en suspension dans l'air, et certains beaucoup plus que d'autres[3]. Une étude américaine a trouvé que les aspirateurs conçus pour les allergiques laissaient fuir moins d'allergènes que les modèles plus anciens, sans être parfaits pour autant[4]. Ces deux études portaient sur l'allergène du chat, mais le principe est le même : un aspirateur qui fuit remet dans l'air ce qu'il vient d'aspirer.

À retenir

Aspirez quand l'enfant allergique n'est pas dans la pièce, et attendez un quart d'heure avant qu'il revienne. C'est le temps que la poussière soulevée retombe.

Le filtre compte plus que la puissance affichée

L'académie américaine d'allergologie recommande un aspirateur équipé d'un filtre HEPA ou d'un filtre à petites particules[5]. C'est lui qui garde les allergènes dans l'appareil au lieu de les renvoyer dans la chambre.

Ce qu'il faut regarder sur un aspirateur :

  • Un filtre HEPA, ou à défaut une filtration fine clairement annoncée.
  • Un appareil étanche : un filtre excellent ne sert à rien si l'air s'échappe par les joints.
  • Un filtre qu'on peut nettoyer ou changer facilement, et qu'on pense à entretenir.
  • Un accessoire pour le matelas, puisque c'est là que dort l'enfant.

Le moment du vidage

Chez nous, c'est le moment le plus poussiéreux : il en ressort beaucoup quand on vide le bac. Et je suis allergique moi aussi.

L'académie américaine d'allergologie donne une consigne simple : vider l'aspirateur dehors, avec un masque, directement dans un sac poubelle qu'on ferme et qu'on jette tout de suite[5]. Autrement dit, jamais au-dessus de la poubelle de la cuisine, et jamais par l'enfant allergique.

À quelle fréquence ?

L'académie américaine d'allergologie recommande d'aspirer les sols textiles chaque semaine[5]. Pour le matelas, l'étude qui a obtenu 85 % d'allergènes en moins aspirait tous les jours[1]. Entre les deux, une règle réaliste :

  • Le sol de la chambre : au moins une fois par semaine.
  • Le matelas, par-dessus la housse : au moins une fois par semaine, au moment de changer les draps. Plus souvent si vous le pouvez.
  • Le canapé, les coussins, le sommier accessible : dans la même routine hebdomadaire.

Mieux vaut une fréquence qu'on tient qu'une fréquence idéale qu'on abandonne au bout de deux semaines.

Balai sans fil, traîneau ou aspirateur de matelas ?

Le type d'appareil compte moins que les critères ci-dessus. Un balai sans fil, comme le nôtre, a un avantage : on le sort plus facilement, donc on aspire plus souvent. Son inconvénient, c'est un petit bac, qu'il faut vider souvent, avec la poussière qui va avec. Raison de plus pour le vider dehors.

Les petits aspirateurs « spécial matelas » se sont multipliés. Ils se jugent sur les mêmes critères : puissance d'aspiration réelle, filtre, étanchéité, facilité de vidage. Je les compare dans mon comparatif des aspirateurs de matelas.

Et les aspirateurs « anti-acariens » à lampe UV ?

La lumière UV-C peut tuer des acariens, c'est vrai. Dans une étude de laboratoire, elle en tuait 100 % à 10 cm de la lampe, mais en exposition directe pendant 60 minutes. À 55 cm pendant une heure, la mortalité au bout de 24 heures n'était plus que de 58 % pour une espèce et 28 % pour l'autre. Et quand les acariens étaient protégés par leur milieu, elle baissait encore[6].

Un aspirateur UV passe quelques secondes sur chaque zone du matelas, et la lumière n'atteint pas les acariens enfouis dans les fibres. Je n'ai trouvé aucune étude qui teste un aspirateur UV en conditions réelles.

Pas démontré : la promesse de la lampe UV

Rien ne montre que la lampe UV d'un aspirateur tue les acariens d'un matelas. Si un aspirateur « anti-acariens » est efficace, c'est grâce à son aspiration et à son filtre. Ne payez pas plus cher pour la lampe.

Ce qu'on retient chez nous

L'aspirateur fait partie des gestes qui ont compté, avec le lavage à 60 °C et la housse du matelas. Il ne remplace ni l'un ni l'autre. Il retire la poussière en surface ; la housse enferme ce qui est dedans ; le lavage emporte ce qui s'accumule dans les draps.

Pour voir comment tout s'articule, lisez le protocole que j'applique dans la chambre de Nono, et pour la housse, la différence entre housse intégrale et protège-matelas.

Questions fréquentes

À quelle fréquence passer l'aspirateur contre les acariens ?

L'académie américaine d'allergologie recommande d'aspirer les sols textiles chaque semaine, avec un filtre HEPA ou à petites particules. Pour le matelas, une étude a obtenu 85 % d'allergènes en moins avec une aspiration quotidienne pendant 8 semaines. Au minimum une fois par semaine, et plus si vous le pouvez.

Un aspirateur anti-acariens avec lampe UV est-il utile ?

La lumière UV-C peut tuer des acariens en laboratoire, mais il faut une exposition longue et directe : 100 % de mortalité à 10 cm pendant 60 minutes. Un aspirateur passe quelques secondes sur chaque zone. Je n'ai trouvé aucune étude qui teste un aspirateur UV en conditions réelles. Ce qui compte, c'est l'aspiration et le filtre.

L'enfant allergique peut-il rester dans la pièce pendant qu'on aspire ?

Mieux vaut pas. Les allergènes d'acariens ne s'envolent que quand on les dérange, et ils retombent en 15 minutes environ. Aspirez quand l'enfant n'est pas là, et attendez un quart d'heure avant qu'il revienne.

Sources

  1. Wu FF et al. Daily vacuuming of mattresses significantly reduces house dust mite allergens, bacterial endotoxin, and fungal β-glucan. J Asthma, 2012 (PMID 22316179)
  2. de Blay F et al. Airborne dust mite allergens: comparison of group II allergens with group I mite allergen and cat-allergen Fel d I. J Allergy Clin Immunol, 1991 (PMID 1744363)
  3. de Blay F et al. Effects of various vacuum cleaners on the airborne content of major cat allergen (Fel d 1). Allergy, 1998 (PMID 9574885)
  4. Vaughan JW et al. Assessment of vacuum cleaners and vacuum cleaner bags recommended for allergic subjects. J Allergy Clin Immunol, 1999 (PMID 10550756)
  5. AAAAI (American Academy of Allergy, Asthma & Immunology), Cleaning tips for allergy and asthma sufferers
  6. Lah EF et al. Effect of germicidal UV-C light (254 nm) on eggs and adult of house dust mites. Asian Pac J Trop Biomed, 2012 (PMID 23569994)

Qui écrit ? Le papa de Nono

Papa allergique. Mon fils Nono l’est beaucoup plus. Je teste chez nous et je sépare ce que disent les études de ce que j’observe. Lire notre histoire.